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jeudi, 01 octobre 2009

Ca continue

Vous ne croyiez tout de même pas que c’était terminé ? Non ?

Eh bien non ! Ce n’est pas terminé ! Cela continue, et de plus belle ! Mes lecteurs assidus auront compris qu’il s’est encore passé quelque chose dans l’Hôtel de Fous !

 Bien souvent, je me dis d’essayer de parler d’autres choses que des événements qui se passent dans l’hôtellerie. Mais, chaque fois il se passe quelque chose que j’ai envier de partager. L’histoire qui va suivre est à la fois prête à sourire, mais est triste sur le plan humain.

 Chronologie d’une soirée mouvementée (pourquoi faut il que cela se passe toujours lorsque je travaille du soir ?)

22:00
 Bouldegomm, est heureuse de me voir arriver ! Elle avait vu débarquer dans l’hôtel nombre de policiers et de gendarmes. Un client avait téléphoné dans plusieurs postes pour les prévenir que des coups de feu étaient tirés dans l’hôtel Ahurissement de ma collègue : tout était calme ! De fil en aiguille, on vint à savoir qui avait téléphoné. Les représentants de l’ordre restèrent avec le jeune homme, près d’une heure. Puis avertirent qu’il était mythomane : son père avait été tué 15 jours auparavant, et on détenait son frère et sa belle soeur en otages. Bien sûr, il en n’était rien.
22:05
 Bouldegomm est partie depuis à peine que, celui que nous appellerons M.414, téléphone. Au son de ma voix, il n’ose parler de suite. Après un temps, il me demande "Qui est-ce, qui est-ce", d’une voix très craintive. Puis, il me demande si ma collègue est encore là, et si elle reviendra.
 Il semble terrorisé ! D’après ses explications confuses, je comprends qu’il croit que ma collègue l’a consigné dans sa chambre, et n’ose pas en sortir ! Je m’amuse en, pensant que le demain, nous n’arriverons peut-être pas à le faire sortir, tant qu’il n’aura pas l’autorisation de Bouldegomm... Scène s’avérant d’autant plus amusante, qu’elle sera en congés pour 48 heures
22:55
 L’étudiante (appelons la Mlle 415) logeant dans la chambre voisine de M.414 arrive, inquiète de l’attitude de son voisin, mais n’a pas le temps de parler, car il arrive par les escaliers.
 Il parle tout seul, s’adresse parfois à nous, parfois à des personnes imaginaires. Puis, éclaire de lucidité : "je suis maboule ! Je m’adresse à vous, mais ce n’est pas à vous que je parle, vous ne me servez que de silhouette " (a noter que lucide, il vouvoie, timbré il tutoie)
 "Qu’est ce que je fais ? Je me casse ? Alors remboursez moi !" 
 "ils me traitent de pédé, dès que j’ouvre la fenêtre. Pourquoi ? Je ne suis pas pédé ! Alors pourquoi ils disent cela ? Et ils détiennent mon frère et ma belle soeur ! Je ne suis pas pédé !" (le disque est rayé ! ) puis il se retourne vers l’ascenseur fermé et vide :"Qu’est-ce vous dites ? Non je ne suis pas pédé !"
 Cela dure une bonne vingtaine de minutes, mais il n’entend plus les voix. Il me parle, de ses craintes pour son frère, "qu’ils" l’ont obligé de louer sa chambre, qu’il descend parce qu’ils l’appellent, mais qu’il ne sont jamais là ensuite
 Il embraye avec un autre sujet : ma collègue avec sa facture, lui a donné rendez-vous à 23 heures. Il l’a bien lu ! Mais il est persuadé que c’est avec un homme. "Rendez vous dans ma chambre à 11:00! Avec qui ? C’est avec un homme. Je ne suis pas pédé moi ! Si c’est pour boire je ne dis pas, mais si c’est pour autre chose, ça va pas ! je suis pas pédé moi ! Pourquoi ki disent que je suis pédé ? Et ils ont mon frère..."
 Dans ses craintes, il y a un point positif : je le rassure ! Il est persuadé que je refuserai l’accès à tout homme... Il n’a vu que des femmes rentrer "étrange cet hôtel : il n’y a que des femmes !", remarque-t-il tout de même ! Que dois-je faire des clients "mâles" ? Pourrais-je laisser le patron rentrer demain ?
 Comme il semble influençable, je lui conseille vivement (presque un ordre) d’aller s’enfermer dans sa chambre, de fermer la porte à clef, et de ne plus aller à la fenêtre, ni de répondre à ce qui l’appellent : ils se lasseront ! On va voir si cela le calme
 Par ailleurs, je téléphone à Mlle 415 pour lui expliquer le problème et de me tenir informé s’il recommence Enfermée dans sa chambre elle est rassurée, mais si elle avait à sortir ? Problème réglé : j’irai "l’escorter"
23:50
 Mlle 415 téléphone : il cogne de plus en plus dans sa porte. Elle a  peur.
23:51 
 Je compose le numéro des urgences médicales. Au moment où ils décrochent, le M. 414 arrive. Obligé de raccrocher. Les ravisseurs l’avaient encore appelé. Je l’écoute, et lui conseille de bien se barricader dans sa chambre et d’essayer de dormir pour ne plus les entendre. Visiblement il tombe de sommeil. Il ne voudrait pas dormir, de peur que s’il ne répond pas, "ils" feront du mal à son frère. Mais j’arrive à le persuader.
00:00
 Les urgences médicales : Ecoutent, passent un médecin qui... m’envoie poliment sur les roses en me disant que c’est du ressort de la police !
 N° de la police : "Mais c’est aux urgences médicales qu’il faut téléphoner !" Elle est bonne celle-là ! J’explique donc l’avoir fait, et que ses collègues pourraient probablement lui en dire plus sur l’état de M. 414, puisqu’ils sont venus. "Je vous rappelle"
01:00
 Rien ! Ni en haut, ni de la police ! Comme M.414 semble dormir, je ne fais rien, sinon, je retéléphonerai... Mais je me souviens d’une fois où une collègue et moi avions composé le N° d’urgence de la police...... L’attente avait été de 58 minutes, montre en main ! Par chance, nous avions pu régler le problème : une prostituée s’était réfugiée chez nous, poursuivie par deux autres, voulant lui faire la peau.... Crêpage de chignons en règle dans la réception, Gatito au milieu mais passant au travers des coups.... Finalement les deux agresseuses avaient pris la fuite...... Donc, il y avait encore de l’espoir pour ce soir....
02:00
 Rien, rien, rien ! Par chance, rien non plus au 4eme ! En tout cas, c’est sympa de la part de la police ! Et si le 414 descend cette nuit... je l’envoie au bureau de police en face de l‘Hôtel de Fous, prétextant qu’ils ont des nouvelles de son frère !
 Finalement, le reste de le nuit fut calme.
 Mais je trouve pathétique que les autorités compétentes se moquent éperdument des cas comme celui ci. Voilà un pauvre jeune de 26 ans qui vit dans une terreur permanente, mais dont on ne prend pas soins, sous prétexte qu’il n’en fait pas la demande lui-même (mais il n’a pas assez de moments de lucidité pour cela) et qu’il ne représente pas (à priori) de danger pour la société ! Mais que ce passera-t-il le jour ou cela deviendra plus grave ? Il pourrait vouloir tuer les "ravisseurs de son frère" et s’en prendre à n’importe qui, tout comme il accusait Mlle 415 de lui téléphoner dans sa chambre, pour l’insulter en Arabe. Non seulement elle ne parle pas arabe, mais ne lui a jamais téléphoné (c’est une chose que l’on peut voir sur le standard)
 Oh ! Parlons de sa carte de séjour ! Là aussi, c’est étrange ! Né en Algérie en novembre 1976, mais,  date d’entrée en Europe : avril 73 ! Pouvez-vous m’éclairer ce mystère ? Ah je crois savoir ! Il est entré en Europe en Avril, et c’est une cigogne qui l’a déposé dans un chou en novembre et en Algérie.....

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